Dans la nuit du 15 octobre 2016, de nombreuses agressions sexuelles ont eu lieu à l’Université Laval. L’ensemble de la communauté universitaire s’est immédiatement montré solidaire avec les victimes en leur démontrant publiquement leur appui et en s’indignant qu’un tel évènement se produise. Un rassemblement de soutien se tiendra d’ailleurs ce soir à 19h00 au pavillon Alphonse-Marie-Parent et nous vous invitons fortement à y être.

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs étudiants et postdoctoraux de l’Université Laval (STEP) sera présent pour témoigner de sa solidarité avec les victimes et démontrer sa volonté d’agir pour que cesse la violence psychologique et sexuelle sur le campus de l’Université et plus largement dans notre société. Nous souhaitons notamment remercier les survivantes d’avoir eu le courage de dénoncer les actes dont elles ont été victimes, sachant que cette étape est l’une des plus difficiles. C’est également avec déception que nous avons été témoins de la réaction tardive et peu conscientisée de notre recteur, Monsieur Brière. Ce manque de considération envers les victimes est inacceptable de la part du dirigeant de notre université sachant que la culture du viol est une réalité qui perdure depuis longtemps à l’Université Laval.

Ce qui est arrivé en fin de semaine dernière est probablement la démonstration paroxysmique d’un problème majeur du système universitaire. Comme l’a démontré l’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire, « une personne sur trois a été victime de violence sexuelle depuis son arrivée à l’université » (1). Du harcèlement sexuel à l’agression, en passant par la coercition, les formes de violence s’entretiennent et se perpétuent par la culture universitaire.

La violence sexuelle typique est liée aux activités sociales ou festives. De ce point de vue, la ministre de l’Éducation supérieure propose d’encourager la recherche sur les initiations et sur l’alcool sur les campus. Il va sans dire que le STEP appuie sans réserve ces initiatives. Cependant, nous ne voudrions pas occulter une autre partie des formes de violence sexuelle en ne visant que les relations entre étudiants. S’attaquer spécifiquement à ces deux sujets c’est rendre exceptionnelle la culture du viol; c’est croire qu’elle ne s’engendre que par la consommation d’alcool et de drogues; c’est oublier qu’une grande partie de l’inconduite sexuelle n’est pas engendrée par l’alcool, mais par les rapports de pouvoir existant en société.

Or, il semble que le milieu universitaire recrée et entretien ces liens de domination, notamment à travers la relation pédagogique – entre prof et étudiant par exemple – et, même parfois les amplifie par une relation de travail, plusieurs étudiants travaillant aussi pour leur prof. Dans ces contextes, ce n’est pas seulement la vie universitaire des étudiants qui est en jeu, mais également le reste de leur carrière et de leur vie. La relation d’autorité qui sous-tend le système universitaire actuel permet à des agresseurs de sévir, et trop souvent en toute impunité.

Ainsi, les facteurs sociaux ayant engendré la crise présente ne se limitent pas à la débauche des initiations ou à la surconsommation d’alcool. Suggérer le contraire entraînerait une mauvaise conscientisation de la communauté universitaire. Il est donc de notre responsabilité collective, administration, syndicats, associations, étudiants, travailleurs, d’agir fortement sur notre milieu pour le tirer de la situation actuelle. La campagne Sans oui, c’est non doit être soutenue à tout prix et nous devons questionner la forme des relations que promeut l’université entre les étudiants entre eux et entre les divers membres de la communauté universitaire. Il serait peut-être temps de remettre en cause les relations d’autorité et de sensibiliser massivement quant aux dangers d’abus qui y sont liés.

L’équipe du STEP

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(1) – Jessica Nadeau, « La violence sexuelle, un fléau à l’université », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/societe/education/470450/universite-une-personne-sur-trois-a-ete-victime-de-violence-sexuelle, [consulté le 19 octobre 2016].

Événement Facebook: Rassemblement Sans oui, c’est non! – Université Laval